Emile Zola naît
le 2 avril 1840, à Paris. Il est le fils de l'ingénieur
François Zola et de Emilie, née Aubert.
Zola ne grandira pourtant pas à
Paris car dès 1843, la famille va s'installer
à Aix-en-Provence, où
François veut construire un canal.
Dès 1847, François Zola meurt et laisse
sa famille sans ressources, malgré la Société
du Canal Zola qu'il avait fondé et qui disposait
d'un capital de 600 000 francs.
Emile grandit dans la campagne aixoise avec celui qui
restera son ami pendant une grande partie de sa vie
: .
En 1858, Emile Zola part s'installer
à Paris avec son ami mais, en 1859, après
deux échecs au baccalauréat, il décide
d'arrêter ses études pour trouver un travail.
En 1862, il entre comme commis chez Hachette, et y restera
jusqu'en janvier 1866.
En même temps, il publie ses premiers écrits,
des contes et des chroniques (1864 - Contes à
Ninon), et rencontre d'autres écrivains comme
Flaubert, Balzac ou
Stendhal. Il fait également
la connaissance de peintres tes que
ou .
Dans les années qui suivent, Zola va produire
plusieurs livres (Thérèse Raquin,
Madeleine Férat...), mais c'est
en 1870 que paraît le premier volume de la série
des Rougon-Macquart : La Fortune
des Rougon.
En 1878, Zola achète une villa à Médan,
qui servira de lieu de rencontre pour ses amis, et dont
sortira deux ans plus tard un ouvrage collectif : Les
soirées de Médan. Il est alors
reconnu comme le chef de file de l'école Naturaliste.
En 1886, Zola se fâche avec Paul Cézanne.
Le peintre s'est reconnu sous les traits de Lantier
dans le dernier roman d'Emile : L'Oeuvre.
Il y est dépeint comme un peintre raté,
incapable d'une création aboutie. Zola fréquentait
énormément de peintres, mais il n'a pas
su voir le génie dans les toiles de son ami.
La publication dans l'Aurore du fameux
article "J'accuse", le 13
janvier 1898, va être décisif dans l'affaire
Dreyfus. Le retentissement de cet article,
la profondeur de l'engagement vont énormément
contribuer à la révision du procès.
Mais Zola lui-même est tout d'abord
mis en accusation et après un procès en
diffamation où il se voit condamner à
un an de prison, Zola s'enfuit et s'exile à Londres.
Rentré à Paris, il publiera à nouveau
des articles sur l'affaire Dreyfus, mais, le 29 septembre,
on le retrouve chez lui, rue de Bruxelles, asphyxié
par les émanations d'un poêle à
bois. Très probablement, quelqu'un lui a fait
payer son engagement.
En 1906, aura enfin lieu la réhabilitation du
capitaine Dreyfus.
En 1908, la France rendra hommage à l'écrivain,
et plus encore à l'intellectuel engagé
en transférant ses cendres au Panthéon.
Notes
Extrait de la préface à
La Fortune des Rougon (1er juillet
1871):
"Je veux expliquer comment une
famille, un petit groupe d'êtres, se comporte
dans une société, en s'épanouissant
pour donner naissance à dix, à vingt individus
qui paraissent, au premier coup d'oeil, profondément
dissemblables, mais que l'analyse montre intimement
liés les uns aux autres. L'hérédité
a ses lois, comme la pesanteur. (...)"
Zola expose là
sa vision Naturaliste appliquée à la littérature.
Il fait le pari de créer un ensemble cohérent
de romans qui démontreront l'évidence
de l'influence de l'hérédité. Il
ira même jusqu'à créer l'arbre généalogique
des Rougon-Macquart pour structurer au mieux son oeuvre.
On sait bien que cette tentative "scientifique"
ne sera pas la preuve qu'il attend donner. Mais cet
échec, comparé au but poursuivi, n'en
produira pas moins une oeuvre forte, riche, dense, avec
des ouvrages aussi remarquables et importants que Germinal,
L'Assomoir, Nana ou
La Débâcle.
Zola est un immense écrivain.
Pas par son style, parfois maladroit, mais par ces mondes
qu'il crée, qu'il construit et nous offre, avec
leurs beautés, leurs terreurs et leurs abominations.
Et puis Zola, c'est aussi l'écrivain
qui se lève de son bureau et va affronter la
justice, l'opinion, la société, pour une
cause qu'il sait juste. C'est le premier exemple de
l'intelectuel engagé.
Bibliographie :
Les
Rougon-Macquart
La Fortune des Rougon
(1870)
La Curée (1871)
Le Ventre de Paris (1873)
La Conquête de Plassans (1874)
La Faute de l'abbé Mouret (1875)
Son Excellence Eugène Rougon
(1876)
L'Assommoir (1876)
Une page d'amour (1878)
Nana (1879)
Pot-Bouille (1882)
Au Bonheur des Dames (1883)
La Joie de vivre (1884)
Germinal (1885)
L'Œuvre (1886)
La Terre (1887)
Le Rêve (1888)
La Bête humaine (1890)
L'Argent (1891)
La Débâcle (1892)
Le Docteur Pascal (1893)
Romans
et nouvelles (non exhaustif)
Contes à Ninon (1864)
La confession de Claude (1865)
Madeleine Férat (1868)
Les mystères de Marseille (1867)
Thérèse Raquin (1867)
Nouveaux contes à Ninon (1874)
Les soirées de Médan
(1880)